La zona

Dans La zona, le réalisateur Rodrigo Plá situe l’action de son film au cœur d’un quartier favorisé d’une grande ville du Mexique. La zona, forteresse entourée de barbelés et truffée de caméras de surveillance, côtoie la misére et s’en préserve efficacement. Jusqu’au jour où trois intrus pénètrent dans l’enceinte. Les habitants, obnubilés par l’ordre et la sécurité, se déchaînent. Des instincts primitifs surgissent, à peine voilés par un langage châtié et une idéologie de bas étage fondée sur l’auto-défense et le droit à disposer de la vie d’autrui.Rodrigo Plá met en évidence le fossé grandissant entre les couches sociales et la forme de schizophrénie qui en résulte. « L’histoire est née d’une préoccupation liée à la situation actuelle du Mexique mais aussi à la polarisation sociale qui s’aggrave dans le monde entier ». Cependant, dans le film, les rapports sociaux ne sont pas décortiquée. Ce qui l’emporte, c’est l’atmosphère pesante, et l’escalade dans la haine.

La zona improvise de nouvelles régles à son image et se met hors la loi. La corruption devient alors la seule régle commune à l’extérieur et à l’intérieur, le seul régulateur. Le réalisateur filme un processus en marche. Pour Rodrigo Pla, « La Zona est un personnage à part entière, c’est même le personnage phare de l’histoire ». La tension dramatique permanente sert de ciment à ce film.

Des très riches….                        Des très pauvres …..                Mais que fait la police

Ce premier long-métrage de Rodrigo Plá est plutôt réussi. (Il a d’ailleurs remporté le Lion du futur du Meilleur premier film au festival de Venise). On peut peut-être regretter que les personnages n’aient pas été plus fouillés. Les acteurs talentueux tels Maribel Verdú (El laberinto del fauno, Y tu mamá tambien…) et Daniel Jiménez Cacho (Perder es cuestión de método, La mala educación…) auraient eu la possibilité de donner plus d’eux-même.

Les habitants de la zona perdent leur sang froid….                                       Un si joli village

Avec Iñárritu (Amores perros, 21 gramas…), Arturo Ripstein (La virgen de la lujuria, Profundo carmesí…), Fernando Eimbcke (Temporada de patos…), Alfonso Cuarón (Y tu mamá también…), le cinéma mexicain vit de beaux jours. À la longue liste des réalisateurs de talents produits par le Mexique, il faut donc maintenant ajouter le nom de Rodrigo Plá*.
* Rodrigo Plá, né le 9 juin 1968 à Montevideo (Uruguay), a étudié l’écriture et la mise en scène au Centro de Capacitación Cinematográfica de Mexico.

                                         Olivier Moran

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