César Talamantes

INTERVIEW – 06/03/2008
César TALAMANTES,
réalisateur, scénariste (né au Mexique, 1971)

Par le passé, César Talamantes a été primé pour son documentaire Pardito au festival de Cinéma universitaire de Valladollid, Espagne. Il y décrivait la vie d’un groupe de pêcheurs sur une petite île. De même, il a présenté cette année, au Festival du court-métrage de Clermont-Ferrand 2008, une fiction centrée sur la vie d’un pêcheur Les vagues de l’été (Olas de verano). César Talamantes nous parlent d’hommes entre terre et mer, qui tentent de préserver leur identité face au défi de la modernité.

 


Comment as-tu vécu ce festival de Clermont-Ferrand ?
J’en ai vraiment profité. À la différence des autres festivals auxquels j’ai participé, je suis arrivé à Clermont sans aucune pression. Je n’ai jamais pensé à la possibilité de gagner un prix, mais plutôt à profiter de chaque instant, que ce soient des séances de projections, des gens, du lieu, des interviews, etc. Je crois que Clermont a été une grande expérience, et je crois que, s’il était important d’être sélectionné pour un festival d’une telle ampleur et de ne pas passer inaperçu, il était essentiel aussi que beaucoup de gens parlent de ton travail, sans oublier de jauger ton travail au niveau international.

Peux-tu nous raconter un peu la génèse de Olas de verano ?
En y réfléchissant bien, en mon for intérieur, je peux dire que Olas de verano n’est pas né récemment, mais prend racine dans mon enfance, dans ces promenades que nous faisions en famille ou avec des amis sur des plages désertes, dans des endroits très peu peuplés, dans une ville comme La Paz, où j’ai vécu, et qui a des caractéristiques différentes de celles du reste du pays (un lieu où il n’y avait pratiquement pas de pauvrété et encore moins de délinquance). Ensuite, Olas de verano s’est enrichi d’un contexte différent, contemporain, quand ces mêmes endroits commencèrent à être fermés au public avec la mention « Propriété privé ». Enfin, ce projet a été possible parce ce que j’ai filmé auparavant un documentaire avec des pêcheurs de la région, qui m’ont fait prendre conscience qu’il existait des gens qui, par leurs qualités propres et leur caractère, pouvaient être acteurs dans une fiction.
Ainsi, j’ai commencé à écrire une histoire qui ne serait pas jouée par des acteurs, car je savais qu’aucun acteur de ce pays, aussi professionnel soit-il, ne pourrait me donner, en peu de temps, l’accent, le lexique du pêcheur sud-californien (je précise que la région Basse Californie Sud au Mexique, ne dispense pas de formation artistique solide, ce qui implique qu’en cas de besoin d’acteurs professionnels, on doive en chercher dans la région Centre du pays).
La pré-production fut une longue étape qui me demanda beaucoup d’efforts dans la sélection des acteurs et dans la recherche de fonds pour le tournage. Aussi, on peut ajouter que c’est un film de fin d’études.

C’est un court-métrage engagé. Tu parles d’un monde qui est en train de disparaître et d’un nouveau système qui dévaste tout. C’est un thème qui t’est cher ?
Le changement ne me fait pas peur, bien que je dois avouer que je ne suis pas totalement convaincu des bénéfices de la «philosophie du progrès» qu’a apporté avec lui le positivisme. Ce qui me gêne en revanche, c’est le fait que l’on ne planifie pas le développement de ce supposé progrès et que ce dernier n’est pas destiné à bénéficier à la population, que ce soit à court, moyen ou long terme; mais au contraire, comme c’est arrivé dans différentes régions du pays, les choses se font sans aucune concertation, en suivant un intérêt immédiat et monétaire; aussi apparaissent très vite des problèmes sociaux de toute sorte, comme les inégalités flagrantes qui, avant, n’exitaient pas. C’est dommage, mais ça continue aujourd’hui, en dépit des leçons patentes que nous a donnés l’histoire récente du pays.
Cependant, le film ne parle pas que de çà. Il y a aussi une histoire d’amour, d’une part, et d’impossibité pour une jeune fille, d’autre part, de rencontrer son père; impossibilité dûe au comportement d’une mère qui cache la vérité; tout cela sur fond de crise dans l’utilisation des ressources naturelles, etc.
Je crois que l’une des questions principales du film est : « Combien coûte l’histoire? » Pour Juan, le pêcheur, elle vaut beaucoup, autant que sa vie. Pour son fils, elle est importante, mais pas autant. Si le public réfléchit à cette réponse, je serais content.

Qu’est-ce que tu avais réalisé avant ce court-métrage ?
Trois court-métrages de cinéma. Le premier, El Ángel del Cemento, se déroule dans une ville et raconte les derniers instants de la vie d’un gosse de la rue; le second, Palo Fierro, Cuna de Peloteros, est une comédie avec des personnages violents et sympathiques à la fois; le troisième est un documentaire, El Pardito, filmé sur une île loin de toute civilisation et peuplée de pêcheurs. C’est avec ce film que j’ai gagné un festival à Valladolid, en Espagne.

On dirait que le cinéma mexicain traverse une époque glorieuse, avec des réalisateurs comme Iñárritu (Amores perros, 21 gramas…), Arturo Ripstein (La virgen de la lujuria, Profundo carmesí…) , Fernando Eimbcke (Temporada de patos…), Alfonso Cuarón (Y tu mamá también…). Ce sont des exceptions ?
Je pense que non. À mon avis, c’est consécutif à une période de crise du cinéma national et du pays qui remonte aux années 80 du siècle dernier, et qui nous stimule à faire des choses chaque fois meilleures, pour pouvoir se démarquer (pour pouvoir filmer); d’un autre côté, au vu du grand amour porté à notre profession, nous avons dû franchir des obstacles de toutes sortes, spécialement pour la production, et su faire plus avec peu de moyens.

À quel projet, comptes-tu te consacrer maintenant ?
À un long-métrage… je suis en train de mettre en place un projet de documentaire dans la région de Basse Californie Sud, qui s’intitulera probablement Los Otros Californios. De nouveau, mes racines seront présentes dans ce film. Avec lui, je veux expérimenter une nouvelle forme cinématographique (nouvelle au moins pour moi comme réalisateur) et valoriser à nouveau les gens qui représentent avant tout notre identité sud-californienne, si tant est qu’elle existe.


César Talamantes filme des hommes, des femmes, et la mer au fond

 drapeau-espagnol ENTREVISTA- 06/03/2008

César TALAMANTES,
director, guionista (nacido en Mexico, 1971)

Por el pasado, César Talamantes fue galardonado por su documental Pardito en el festival de Cine Universitario de Valladollid, España. Describe la vida de algunos pescadores en un islote. También, presentó este año, en el festival de cortometraje de Clermont-Ferrand 2008, una película de ficción centrada en la vida de un pescador, Olas de verano. Nos habla de hombres entre mar y tierra, que intentan preservar su identitad frente al desafío de la modernidad.

¿Cómo has vivido el Festival en Clermont Ferrand?
Lo he disfrutado mucho. A diferencia de otros festivales donde participé, a Clermont llegué sin “ninguna presión”. Nunca quise pensar en la posibilidad de ganar un premio, sino de disfrutar cada momento, desde las exhibiciones, la gente, el lugar, las entrevistas, etc. Creo que Clermont Ferrand ha sido una gran experiencia, y creo que algo importante fue estar en una competencia de tal magnitud y no pasar desapercibido, sino mas bien estar en la boca de mucha gente por tu trabajo, además de constatar el nivel que tiene tu trabajo a nivel internacional.

Cuéntanos un poco de la génesis de Olas de Verano
Revisando un poco más allá, hacia mi interior, puedo decir que Olas de Verano no nació, en primera instancia, hace poco, sino en mi niñez, en los paseos que hacíamos con la familia o con mis amigos a playas vírgenes, a lugares semipoblados, en una ciudad de La Paz, donde viví, con características diferentes al resto del país (un lugar donde casi no había pobreza y mucho menos delincuencia) y en segunda, en un contexto diferente, contemporáneo, cuando esos lugares empezaron a ser cercados y marcados con letreros de “Propiedad Privada”; por otra parte, nació también luego de haber filmado un documental con pescadores de la región, que me hicieron dar cuenta que existía gente que, por sus características idiosincráticas y de carácter podían ser actores dentro de una ficción.
Así, empecé a escribir una historia que sería interpretada por no actores pues sabía que ningún actor del país, por muy profesional que fuera, me iba a dar, en poco tiempo, el acento, el léxico, las características físicas del pescador sudcaliforniano (aquí preciso que Baja California Sur, México, no tiene una formación artística sólida, no hay en ella escuelas profesionales de arte, por lo que la alternativa, en caso de necesitarse actores profesionales, es buscar en el centro de la República).
La preproducción fue una etapa larga que concentró muchos esfuerzos en la selección de los actores y en la recaudación de apoyos económicos para el rodaje, pues, finalmente la película es un filme escolar.

Es un corto comprometido. Habla de un mundo que va desapareciendo y de un nuevo sistema que lo atropella todo? ¿Es un tema que te duele?
No me duelen los cambios, aunque confieso que no estoy totalmente convencido de los beneficios de la “filosofía del progreso” que trajo consigo el positivismo; lo que si me duele, y molesta, es el hecho de que no se planee el desarrollo de ese supuesto progreso y que el mismo no se dirija a beneficiar a la población a corto, mediano y largo plazo, sino por el contrario, como ha sucedido en múltiples zonas del país, las cosas se hagan sin previsión alguna, siguiendo un interés inmediato y monetario, pues pronto empiezan a generarse problemas sociales de todo tipo, así como desigualdades extremas que antes no se veían. Molesta que siga pasando en la actualidad, a pesar de las palpables lecciones que nos ha dado la historia reciente del país.
Pero el filme no plantea solo eso, están ahí también una historia de amor y desencuentro, la imposibilidad de contacto entre una hija y su padre, motivada por el ocultamiento de la verdad de una madre, un contexto de crisis en la utilización de los recursos naturales, etc.
Creo que una de de las preguntas principales de este filme es: ¿Cuánto vale la historia? Para Juan, el pescador, vale mucho, tanto como su vida. Para su hijo es valiosa, pero no tanto. Si el público reflexiona en esa respuesta, me daré por satisfecho.

¿Que habías hecho antes de este corto ?
Tres cortometrajes en cine, el primero El Ángel del Cemento sucede en una ciudad, y narra el último momento de la vida de un niño de la calle; el segundo, Palo Fierro, Cuna de Peloteros, es una farsa con personajes muy violentos y simpáticos, y el tercero, un documental : El Pardito filmado en un islote alejado de la civilización y poblado por pescadores, con el que gané un festival en Valladolid, España.

Parece que el cine mexicano está en un momento de gloria, con directores como Iñárritu (Amores perros, 21 gramas…), Arturo Ripstein (La virgen de la lujuria, Profundo carmesí…) , Fernando Eimbcke (Temporada de patos), Alfonso Cuarón (Y tu mamá también). ¿Serán excepciones?
Pienso que no son excepciones, a mi parecer son el resultado de una etapa de crisis del cine nacional y del país que se remonta a los años ochenta del siglo pasado y que nos estimula a hacer cosas cada vez mejores para poder destacar (para poder filmar), o, si lo vemos desde otra perspectiva, al gran amor por nuestra profesión que se ha demostrado para poder vencer obstáculos de todo tipo, especialmente de producción, para poder hacer más con pocos recursos.

¿A qué proyecto te vas a dedicar ahora… cortometraje, largo ?
A un largometraje, justamente ahora estoy armando el proyecto de un documental en Baja California Sur, que probablemente se titule Los Otros Californios, de nuevo mis raíces están presentes en este filme. En el quiero experimentar una nueva forma cinematográfica (al menos nueva para mí como realizador) y revalorar a la gente que en primera instancia representa nuestra identidad sudcaliforniana, si es que esta existe.

Cynthia Hernández, la jeune actrice, est lumineuse

 

 Olivier Moran